6 enseignements pour se développer sur les marketplaces européennes

7'

Il existe un moment discret dans le parcours marketplace de presque toutes les marques où le canal cesse d’être un projet secondaire. Cela n’arrive généralement ni avec un slide deck ni lors d’un séminaire stratégique. Cela arrive lorsque le directeur financier demande d’où provient la croissance du trimestre, que la réponse implique une marketplace sur laquelle personne dans la salle ne s’est connecté récemment, et que la conversation devient soudainement sérieuse.

Trois récentes études de cas clients de Lengow, la marque espagnole d’électroménager UFESA, le groupe textile français Eminence et la marque espagnole de bijoux Singularu, illustrent particulièrement bien ce moment. Les chiffres sont évidemment impressionnants en eux-mêmes : UFESA a triplé ses ventes sur les marketplaces en un an, Eminence a augmenté de 34 % le chiffre d’affaires marketplace géré via Lengow, et Singularu a dépassé les 8 M€ de GMV marketplace tout en multipliant par huit son volume de commandes en deux ans.

Mais le plus intéressant reste le comment : trois marques très différentes, dans des catégories distinctes, qui ont finalement adopté à peu près la même méthode pour se développer sur les marketplaces européennes. Six enseignements, tous transférables.

1. Arrêtez de considérer ce canal comme expérimental

L’étude de cas d’UFESA décrit 2023 comme une « phase d’apprentissage » : vendre sur les marketplaces, mais de manière informelle, sans processus définis. L’équipe d’Eminence décrit également ses débuts sur les marketplaces en des termes similaires. Singularu évoque même « plusieurs premières tentatives frustrantes pour passer à l’échelle ». Dans les trois cas, le point de bascule a été le même : une décision délibérée de traiter les marketplaces comme un canal opérationnel à part entière plutôt qu’une expérimentation, avec les systèmes et les indicateurs adaptés.
C’est la première étape, peu glamour, et celle qui est le plus souvent ignorée. Les marques lancent des marketplaces pilotes avec un tableur, un responsable à temps partiel et aucun SLA sur les fiches produits. Deux ans plus tard, cette même organisation génère un chiffre d’affaires significatif tout en se fragilisant discrètement à chaque mise à jour de la taxonomie des catégories par une marketplace.

Cas client Ufesa

Comment UFESA a triplé ses ventes sur les marketplaces en seulement u…

En savoir plus

2. Centralisez le flux avant de centraliser quoi que ce soit d’autre

Les trois marques ont effectué le même premier mouvement technique : centraliser des intégrations marketplace fragmentées dans un moteur de flux unique. Eminence en est l’exemple le plus parlant : 13 689 SKU répartis sur six marques, distribués via huit marketplaces françaises et une plateforme belge, le tout géré à partir d’un seul outil. UFESA a centralisé son catalogue, ses prix et ses stocks pour piloter sa stratégie multi-marketplaces en Espagne. Singularu, sans ERP et avec Shopify CMS comme source de vérité, a construit toute son expansion autour d’un flux centralisé unique enrichi selon chaque canal.
L’enjeu de cette centralisation n’est pas réellement technologique, mais plutôt lié à ce qu’il devient possible de faire une fois que le catalogue est regroupé en un seul endroit : des règles spécifiques par canal, des transformations propres à chaque marketplace, des exclusions, des mappings, des campagnes promotionnelles synchronisées sur plusieurs plateformes à la fois. Rien de tout cela n’est réellement envisageable lorsque votre « système » repose sur six fichiers CSV et une boîte mail partagée.

3. La rapidité de lancement est désormais un indicateur concurrentiel

Eminence indique pouvoir lancer un nouveau canal marketplace en environ une journée (lorsque la marketplace concernée a déjà validé leur intégration). Singularu déploie de nouveaux pays en quelques heures et de nouveaux canaux en quelques jours ou semaines. Ce ne sont pas des chiffres de façade. Ils se traduisent directement par un avantage stratégique : tester davantage, échouer plus vite et renforcer ce qui fonctionne sans supporter le coût d’intégration de six mois de développement.

À titre de comparaison, une intégration marketplace sur mesure, développée depuis zéro, peut facilement représenter deux à trois mois de travail d’ingénierie. Une marque opérant à ce rythme peut au mieux tenter trois paris marketplaces par an. Une marque avançant à la vitesse de Singularu peut en tester une douzaine tout en abandonnant rapidement ceux qui ne performent pas. Ce n’est plus le même modèle économique.

Cas client Singularu

Singularu fait grimper ses ventes sur marketplaces à 8 M€ grâce à…

En savoir plus

4. Les marketplaces sont un radar de la demande, pas seulement un canal de vente

C’est probablement l’enseignement stratégique le plus riche des trois études de cas, et il provient principalement de Singularu. L’équipe utilise explicitement les données de performance des marketplaces pour décider dans quels pays lancer son propre site e-commerce, quels assortiments mettre en avant et quelles catégories prioriser. Dans leur modèle, les marketplaces constituent un moyen à faible risque et riche en données de tester un marché avant d’y investir une infrastructure direct-to-consumer.

Le lancement sur Zalando Allemagne en est l’exemple parfait. Au-delà des ventes générées sur la marketplace elle-même, le canal a « considérablement accru la visibilité de la marque et généré un trafic qualifié vers le propre site web de Singularu », accélérant les premiers achats sur le site D2C dans un marché où la marque n’avait pas encore construit de présence dédiée. C’est cet effet halo que les marques théorisent souvent sans réellement le mesurer. Singularu, lui, le mesure.

UFESA applique une version plus discrète de cette même logique grâce aux données Buy Box et concurrentielles via NetRivals, en surveillant la manière dont ses propres distributeurs positionnent ses produits sur Carrefour, El Corte Inglés, Fnac, MediaMarkt, PC Componentes, Worten et Amazon.

5. Le persona propre à chaque canal compte davantage que les fonctionnalités du canal lui-même

L’équipe de Singularu segmente ses marketplaces selon des archétypes clients : les acheteurs de Veepee recherchent avant tout les bonnes affaires et les promotions ; les clients d’El Corte Inglés sont plus classiques et sélectifs ; Amazon attire des acheteurs pragmatiques, souvent de dernière minute, avec une proportion plus élevée d’hommes ; Zalando séduit des consommateurs orientés mode et natifs du digital. C’est le type de cartographie comportementale que la plupart des marques supposent déjà réalisée par quelqu’un d’autre.

La conséquence concrète est que l’assortiment, les prix, les textes et même les visuels doivent différer selon la marketplace, non pas à travers un simple test A/B symbolique, mais comme un véritable principe opérationnel. Un SKU phare positionné en produit promotionnel sur Veepee ne sera pas forcément celui que vous souhaitez mettre en avant sur votre vitrine Zalando. Eminence applique cette logique à ses campagnes Black Friday, en adaptant simultanément ses offres sur plusieurs canaux plutôt qu’en lançant une seule promotion en espérant qu’elle fonctionne partout. UFESA met en place des exclusions d’assortiment par canal afin de retirer les produits à faible marge des marketplaces aux conditions économiques défavorables et de protéger les nouveaux lancements d’une exposition prématurée. Le constat est toujours le même : chaque marketplace bénéficie de sa propre version de la marque.

Cas client Eminence

Comment Eminence a accéléré sa croissance marketplace de +34 % avec…

En savoir plus

6. Veepee, encore

Un point secondaire mérite d’être mis en avant, car il apparaît dans deux des trois études de cas et correspond parfaitement aux signaux observés sur le marché cette année : le modèle off-price européen connaît actuellement un véritable essor. La croissance marketplace d’Eminence est « portée notamment par Veepee, désormais principal contributeur au chiffre d’affaires marketplace d’Eminence ». Singularu cite également Veepee parmi ses quatre canaux principaux et a développé une logique d’assortiment spécifique pour son audience en quête de bonnes affaires.

Pour les marques encore en phase de sélection de leurs marketplaces, l’implication est claire : Veepee, ShowroomPrivé et Privalia méritent une attention particulière, notamment pour l’écoulement des stocks, les campagnes promotionnelles et l’acquisition d’audiences qu’Amazon et Zalando convertissent moins efficacement. Le segment off-price est discrètement devenu une couche stratégique de la stratégie marketplace européenne, et non plus un simple canal de déstockage.

Conclusion

Trois marques. Trois catégories. Trois implantations géographiques différentes. Une même conclusion : la croissance sur les marketplaces ne se gagne pas en ajoutant simplement plus de canaux. Elle se construit en traitant ce canal comme une véritable ligne d’activité, avec des données centralisées, des lancements rapides, une logique propre à chaque canal, une discipline sur les marges et une boucle de retour d’information vers le reste de l’entreprise.
Les enseignements sont clairs : cessez de gérer les marketplaces comme un projet secondaire, centralisez votre catalogue, optimisez chaque canal individuellement plutôt que le canal dans son ensemble, et utilisez les enseignements tirés des marketplaces sur la demande pour orienter des décisions bien au-delà des marketplaces elles-mêmes.
Pour les marques et retailers qui regardent leur P&L marketplace en se demandant pourquoi leur croissance a plafonné, la réponse n’est presque jamais la marketplace elle-même. C’est généralement le modèle opérationnel qui l’entoure. UFESA, Eminence et Singularu apportent trois démonstrations différentes d’une même réalité.

Technique

Votre bibliothèque e-commerce

Cas Client Clarins x NetMonitor

En savoir plus

Veille concurrentielle

En savoir plus

Guide TikTok Shop pour les vendeurs en ligne

En savoir plus

Inscrivez vous à notre newsletter

En soumettant ce formulaire, vous autorisez Lengow à traiter vos données pour l'envoi de newsletters concernant l'actualité de Lengow Vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression de ces données, d'opposition à leur traitement, de limitation, de portabilité ainsi que la faculté de définir les directives relatives à leur sort en cas de décès. Vous pouvez exercer ces droits à tout moment en écrivant à dpo@lengow.com.

newsletter-image