#1 Dépendance aux plateformes extra-européennes… qui s’installent encore plus
TikTok Shop a officiellement étendu son offre à la
France, l’Allemagne et l’Italie
, accélérant la bascule vers le social commerce intégré. Résultat : trafic capté
dans l’app
et marge des marchands sous pression face aux conditions imposées par la plateforme.
Dans le même temps,
Temu
et
Shein
sont dans le viseur de Bruxelles (DSA/CPC) pour des
pratiques non conformes
et des risques consommateurs - un rappel que la régulation peut retomber… sur les marchands tiers aussi.
Que faire tout de suite ?
Diversifier ses canaux (marketplaces européennes/verticales) et réduire la dépendance à un seul acteur.
#2 Rentabilité sous attaque : retours, logistique, pub… tout pèse
Les retours
atteignent des niveaux qui grignotent la marge : au Royaume-Uni par exemple, les renvois en ligne pèsent
jusqu’à 27 Md£
/an (ordre de grandeur), dopés par des “serial returners” - d’où la montée des
frais de retour
chez plusieurs enseignes.
Côté logistique
, les transporteurs appliquent des
surcharges carburant/énergie
mensuelles, renchérissant le coût du dernier kilomètre.
Et la
pub digitale
continue d’augmenter en Europe (AdEx 2024 >
100 Md€
), avec une pression croissante pour des résultats mesurables — donc
coût d’acquisition
plus élevé si la data/mesure n’est pas au niveau.
À faire :
traquer le
coût net après retours
, négocier les SLA/logistiques, renforcer l’attribution.
#3 Régulation : DSA, durabilité, crédit… l’étau se resserre
La Commission européenne
ouvre des procédures
contre Temu au titre du
DSA
(sécurité produits, risques systémiques) ; Shein est
mis en demeure
sur des manquements au droit conso - la mise en conformité devient
non-négociable
pour tous les vendeurs de ces écosystèmes.
Côté
durabilité
, l’UE avance (textile & déchets alimentaires, responsabilité élargie du producteur) : nouvelles obligations qui
alourdissent les coûts
d’exploitation e-commerce.
Enfin, le
BNPL
passe sous un encadrement plus strict via la
nouvelle directive crédit (CCD2)
: plus de transparence et d’évaluation de solvabilité à prévoir.
À faire :
cartographier ses risques (conso/produit/durabilité/paiement), documenter la conformité par canal.
#4 Conso plus volatile : achat impulsif… puis retour
Le “swipe-to-buy” (social/live) augmente l’
impulsion
d’achat — mais aussi le
remords
et les retours (mode/chaussure en tête). Les données UK montrent une part
>20 %
de retours dans le non-alimentaire en ligne, signe d’un comportement qui s’étend en Europe.
Les enseignes réagissent :
frais de retour
conditionnels, durcissement des politiques… pour préserver la marge.
À faire :
mieux qualifier l’intention en amont (tailles/fit guides), limiter la surexposition promo, mesurer le
profit
(pas seulement le CA).
#5 Concurrence extra-UE + croissance inégale : le risque de “squeeze” européen
Le rapport e-commerce européen 2025 souligne une
reprise
mais aussi une
concurrence exacerbée
(cross-border, marketplaces non-UE). Les associations appellent à un
level-playing field
pour les acteurs EU.
Traduction concrète pour les marchands : pression sur les
prix
, les
délais
et la
qualité produit
- avec des coûts en hausse côté logistique et conformité.
À faire :
se positionner sur des
marketplaces européennes/verticales
où l’offre locale est valorisée, et industrialiser l’onboarding.
Sophie Evans
Sommaire
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