[Tribune] Les évolutions de l’UX en 2017

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L’UX a désormais pris une place prépondérante dans le monde digital et dans tous les projets de site web ou d’application. On n’imagine plus de nos jours concevoir une application sans l’intervention d’un UX ou d’un UI designer ou sans réaliser des tests utilisateurs. Ce qui semblait inutile ou superflu il y a 5 ans est en 2017 devenu incontournable et les entreprises n’ayant pas intégré les nouvelles démarches de conception en vogue dans la Sillicon Valley passent pour de doux dinosaures pas loin de l’extinction.

Et si en UX, comme dans tous les domaines, il y a des modes et des tendances, il n’en reste pas moins que dans les fondements de la conception d’interfaces, il existe des méthodes beaucoup plus intangibles, très fortement liées à la gestion de projet, qu’il est plus important de connaître et de mettre en oeuvre pour créer une bonne expérience utilisateur que de suivre des astuces ou des trucs qui ne garantiraient pas la véritable efficacité des interfaces et des expériences que vous souhaiteriez offrir en permanence à vos utilisateurs.
uxPour en discuter, nous avons demandé à Olivier Sauvage, alias Capitaine Commerce, Fondateur de l’agence Wexperience, spécialisée dans l’UX, d’apporter son expertise sur le sujet.

Le Design Thinking est le graal de l’évolution digitale

Terme encore inconnu il y a 2 ans, le Design Thinking a fait sa révolution. Il est impossible de ne pas en parler et de parler de sa richesse idéative, de sa capacité à challenger les équipes et à produire des produits faits pour les utilisateurs.

Ensemble de techniques et de méthodes, il permet d’unifier et de rassembler les ressources et de les concentrer autour des vrais besoins utilisateurs. Très pratiqué au sein de structures comme Voyages-SNCF et bien d’autres, il est la manière durable de générer de la créativité et de faire évoluer toujours à l’écoute des utilisateurs un site web ou une application.

Les tests utilisateurs restent indémodables

Les tests utilisateurs font partie de l’arsenal de l’UX Designer depuis longtemps. Simples à mettre en oeuvre, ils fournissent une richesse de feedbacks incomparable. Dans certaines sociétés, comme par exemple chez Manutan, d’après son directeur digital, Martin Sauer, pas une release ne passe pas par un test utilisateur.

Conduits en interne, ils peuvent aussi être confiés à une agence. L’important, c’est d’en faire et de bien les analyser. En plus de leur utilité reconnue par de plus en plus d’équipes digitales, ils sont aussi un outil incontournable de communication et de preuve à l’intérieur des entreprises. On ne conteste pas la vérité d’un test utilisateur.

L’agilité au coeur de l’UX

L’UX est de plus en plus embarqué dans les méthodes agiles. L’itération, les allers et retours en avant ou en arrière, le droit de se tromper, sont des ingrédients importants que l’agilité peut compenser par sa capacité à corriger rapidement le tir. L’âge des grosses refontes et des tunnels de production longs est en train de s’effacer au profit de modes de développement rapides dans lesquels les apports de l’UX, à la fois en termes de mentalité et de productivité, sont essentiels.

Des interfaces légères comme des plumes

Quand j’ai commencé à travailler dans le Web à la fin des années 1990, la légèreté des pages était une obsession. La vitesse des connexions internet ne permettait aucune folie, aucune créativité, il fallait faire efficace. Mais depuis l’apparition de l’ADSL, puis de la 3G sur les téléphones, ce principe semble avoir été oublié. Alors qu’il devrait encore être une préoccupation majeure des concepteurs de page ou d’application. Il faut garder en tête qu’au delà de 3 secondes de temps d’affichage, plus de 50% des utilisateurs abandonnent leur navigation. Or, aujourd’hui, la quasi totalité des pages web sont en surpoids. Trop de scripts à télécharger, un code mal optimisé, des pléthores de médias plus ou moins allégés font que les pages ne tiennent que très peu compte de ce critère pourtant primordial. Il y a quelques semaines, Google revenait même dans son blog sur le besoin de mettre au régime le web, sous peine de sanction (entendez de désindexation). Le poids, comme depuis le début, devrait donc rester une préoccupation dont les UX designers sont entièrement responsables.

L’émergence des interfaces vocales

Les nouvelles interfaces homme machine n’apparaissent pas si souvent que ça. Dans les années 80, Apple, avec son McIntosh imposait les fenêtres et la souris. Puis ce fut, en 2006, l’apparition de l’iPhone, toujours d’Apple, qui créa une nouvelle génération d’interfaces. En 2015, ce sont les interfaces vocales qui ont fait leur apparition. Et avec l’appui de l’intelligence artificielle et du big data, il y a de fortes chances pour qu’elles s’imposent, en partie, dans nos relations avec les machines. Loin d’être encore aussi fluide que les interfaces visuelles, elles s’améliorent pourtant de jour en jour et deviendront bientôt les interfaces principales dans certains contextes : professionnels pour certains métiers, privés, dans l’automobile, par exemple, où il est beaucoup moins dangereux de parler et d’écouter une machine que de regarder son tableau de bord à la recherche d’un bouton de commande.

Pour l’heure, en France, les premières solutions commencent à réellement trouver leur public. Et si il y a une tendance à suivre, c’est bien celle là, même s’il ne faut certainement pas encore s’y lancer à corps perdu.


Image : Pixabay

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